25.03.2007

L'apprenti, ce n'est pas sorcier !

medium_apprentice.jpgJ’ai eu quelques expériences avec des stagiaires, mais pas officiellement par les écoles de traduction. C’est du boulot de prendre un stagiaire, car il faut devenir "mentor", et suivre leur travail de près. Bien sur, la rentabilité est clé, car on ne peut pas payer quelqu’un pour traduire l’excès et passer du temps derrière à relire qui vous empêche d’assurer le reste du travail !

 

J’ai cherché quelqu’un pour assurer le “trop plein” après avoir accepté 150,000 mots avril dernier. J’avais besoin de quelqu’un pour s’occuper du travail de mes clients réguliers. Pour moi, les qualifications ne sont pas l’essentiel, et j’ai cherché une personne qui serait prête à apprendre, à l’aise dans les deux langues et avec un background dans des domaines techniques. La maturité était également un critère important. J’ai eu beaucoup de chance de trouver Terry Richards , un ingénieur anglophone à la retraite en France, qui cherchait à arrondir ses fins de mois. Il a fait un teste qui consistait en plusieurs paragraphes de textes de styles différents. Bien qu’il n’ait jamais traduit (je l’ai trouvé par le biais d’un forum anglophone et j’ai été submergée de candidats qui pensaient pouvoir traduire…), Terry était un « naturel » avec un bon fond technique, l’essentiel pour moi.

 

Je l’ai persuadé de se mettre en portage salariale, car je ne voulais pas rentrer dans le bourbier administratif de prendre un salarié. Ceci l’a permis, avec mon aide, de démarrer une activité qui est maintenant bien établi et petit à petit, il a trouvé d’autres clients. Il m’a donné l’exclusivité pendant les premiers six mois, étant conscient de son statut « d’apprenti ».

 

Il est très important de relire en profondeur derrière, ce qui peut prendre beaucoup de temps, car il faut donner un retour d’information si l’apprenti veut progresser. J’ai utilisé la fonction "suivi des modifications" dans Word pour ce faire et j’ai également partagé mes mémoires de traduction et glossaires. Si vous prenez en compte le fait qu’un stagiaire sera beaucoup plus lent (probablement pas plus que 1000 mots par jour au début), plus le temps supplémentaire de relecture et feedback, ce n’est pas forcément un bon pari ! En plus, c’est votre réputation qui est en jeu…

 

D’un point de vue financier, sous-traiter n’est pas forcément la meilleure option car votre revenue augmente (sur laquelle vous payez les impôts !) et la marge obtenu ne couvre pas toujours le temps passé à relire et coacher. Pour moi, c’était une façon de ne pas décevoir mes clients réguliers pendant que je travaillais sur le gros projet, donc un choix marketing. Je suis toujours très occupée et en moyen, je n’accepte qu’un projet en deux, mais maintenant j’ai la possibilité d’offrir le travail à Terry s’il est disponible !

 

Je pense que si vous prenez un jeune stagiaire d’une école, qui travaille avec vous à plein-temps pour un salaire minimum, il faudrait trouver quelqu’un d’assez mature (c'est-à-dire autonome) et « performant » qui peut au moins fournir un service – ce n’est pas toujours la finalité d’un stagiaire – qui est là premièrement pour apprendre, pas devenir un employée.

 

Bref, il faut s’investir dans son stagiaire, vouloir passer du temps avec lui, et ensuite le laisser partir et voler de ses propres ailes… !